Anti-androgènes

Sommaire

Les anti-androgènes constituent une catégorie de médicaments indiqués dans le traitement des différentes causes d’hyperandrogénies (sécrétion excessive d’hormones androgènes par les testicules, les ovaires ou les glandes surrénales). Certains de ces médicaments exercent une action contraceptive et peuvent également être utilisés comme moyens de contraception. Leur mode d’action est variable de même que leurs indications spécifiques et leurs effets secondaires.

Qu’est-ce qu’un médicament anti-androgène ?

Les anti-androgènes rassemblent les médicaments utilisés dans le traitement des différentes maladies ou troubles à l’origine d’une hyperandrogénie :

En conditions physiologiques normales, les hormones androgènes (dont la plus connue est la testostérone) sont produites par les testicules, les ovaires et les glandes surrénales.

Les médicaments anti-androgènes agissent principalement en bloquant les récepteurs des hormones androgènes. Certains d’entre eux exercent une action contraceptive en bloquant la fonction ovarienne. Ils peuvent aussi s'opposer à l'effet de la testostérone.

Deux grands types de médicaments anti-androgènes sont définis en fonction de leur structure chimique :

  • les anti-androgènes stéroïdiens qui exercent un rôle hormonal ;
  • les anti-androgènes non stéroïdiens sans action hormonale.

Traitements anti-androgènes hormonaux

Les anti-androgènes stéroïdiens (gestodène, norgestimate, désogestrel, acétate de cyprotérone – Androcur®, la molécule la plus ancienne des anti-androgènes) exercent trois actions : anti-androgène, anti-gonadotrope (contraceptif) et inducteur enzymatique (augmentation de la dégradation des hormones androgènes). Ils sont indiqués dans le traitement de :

Ils peuvent également être prescrits en tant que mode de contraception féminin, parfois associés à un dérivé synthétique d’hormone œstrogène dans certaines pilules contraceptives.

Compte-tenu de leur mode d’action, ces médicaments entraînent plusieurs effets indésirables :

  • une diminution de la libido ou une impuissance ;
  • un effet contraceptif ;
  • une gynécomastie (développement anormal des seins) ;
  • une galactorrhée (écoulement de lait) ;
  • un syndrome dépressif ;
  • des troubles hépatiques et du métabolisme des lipides ;
  • une prise de poids ;
  • une augmentation du risque cardiovasculaire et d’accidents veineux ;
  • selon une étude américaine, une possible augmentation des risques de maladie d’Alzheimer (+ 14 %) et de démence (+ 20 %) dans les 10 années qui suivent un traitement d'un cancer prostatique.

Ils sont par ailleurs contre-indiqués en cas de méningiome ou d’antécédent de méningiome. Le traitement doit être prescrit à la dose minimale efficace avec une durée d’utilisation la plus courte possible. Une imagerie cérébrale (IRM) doit être réalisée en cas de symptômes évocateurs d’un méningiome, et proposée aux femmes de plus de 35 ans en cas de traitement de plus de cinq ans.

À noter : la médrogestone (Colprone®) et la progestérone (Utrogestan® et génériques) sont également contre-indiquées en cas d’antécédent de méningiome, de même que la dydrogestérone (Duphaston®) et le dienogest (génériques de Visanne®) (source : Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé, 1er mars 2023).

D’autres médicaments stéroïdiens (les corticoïdes comme l’Hydrocortisone ou la Dexaméthasone) possèdent une action anti-androgène. Ils peuvent ainsi être prescrits dans le traitement de troubles hormonaux au niveau des glandes surrénales.

Traitements anti-androgènes non-hormonaux

Les médicaments anti-androgènes non stéroïdiens (Flutamide, Nilutamide, Bicalutamide, Finastéride, Spironolactone) agissent uniquement sur les récepteurs des hormones androgènes pour bloquer leur action. Ils n’ont ainsi aucun effet sur les fonctions reproductrices.

Ces médicaments sont prescrits principalement dans le traitement du cancer de la prostate métastatique, mais certains peuvent avoir d’autres indications, par exemple le Finastéride (qui est un anti-androgène de synthèse) dans le traitement de l’alopécie et dans le traitement et le contrôle de l'hypertrophie bénigne de la prostate.

Attention, le Finastéride pourrait provoquer dépression, troubles de la sexualité (diminution de la libido, troubles de l'érection et troubles de l'éjaculation) et même suicide, indique l'ANSM. De plus, des cas de cancers du sein ont été rapportés chez des hommes traités avec ce médicament.

De manière générale, les effets indésirables de ces médicaments sont proches de ceux des anti-androgènes stéroïdiens (excepté les effets hormonaux), auxquels s’ajoutent quelques effets spécifiques de chaque substance.

À noter : l’utilisation de ces médicaments chez les femmes nécessite la mise en place simultanée d’une contraception, car ils peuvent fortement perturber les cycles menstruels.

Les anti-androgènes et le cancer de la prostate

L’une des principales indications des anti-androgènes est le cancer de la prostate avancé. Le blocage androgénique total consiste en l’association d’une castration chirurgicale ou médicale et d’un traitement à vie par un anti-androgène stéroïdien ou non stéroïdien.

Les cellules de la prostate dépendent étroitement de l’activation du récepteur aux androgènes. Après la castration, l’effondrement de la testostérone (principale hormone androgène) provoque une inactivation du récepteur aux androgènes et la mort des cellules prostatiques cancéreuses. Mais cet effet a une durée limitée dans le temps, d'autant que 7 % des cancers de la prostate sont résistants à la castration.

C'est pourquoi on associe à la castration un traitement continu d’anti-androgène. Le blocage androgénique complet permet ainsi d’améliorer le pronostic de certains patients atteints de cancer prostatique avancé. Ce type de traitement doit faire l’objet d’une information détaillée du patient sur les effets secondaires, car le traitement devra être pris à vie.

Bon à savoir : il peut néanmoins se développer une résistance à cette hormonothérapie avec reprise évolutive de la maladie, généralement asymptomatique sauf dans un tiers des cas où des métastases vont apparaître dans les 2 ans. Toutefois, une étude menée par des chercheurs français en 2021 montre que l'utilisation combinée de la chimiothérapie, de l’hormonothérapie et des comprimés d’hormonothérapie de nouvelle génération ferait passer l'espérance de vie des patients ayant un cancer de la prostate déjà métastasé de deux ans à quatre ans et demi.

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