En dehors des vaccinations obligatoires pour les professionnels exposés à certaines infections, aucun vaccin pour adulte n’est obligatoire en France. Cependant, afin d’assurer une protection efficace, individuelle mais aussi collective (en réduisant le risque de contamination de l’entourage), certains vaccins sont recommandés pour l’ensemble de la population adulte, et d’autres peuvent être nécessaires pour les personnes les plus fragiles.
La compétence des infirmiers, pharmaciens et sages-femmes a été étendue en matière de vaccination et de prescription de vaccins, par le décret n° 2022-610 du 21 avril 2022 et le décret n° 622-611 du 21 avril 2022. N’hésitez pas à faire appel à eux !
Quelles sont les vaccinations particulièrement conseillées pour les adultes ?
Vaccins adulte : rappels et rattrapages de vaccination recommandés pour tous
La durée de l’immunité procurée par un vaccin est limitée. Des rappels ou des rattrapages de vaccinations sont nécessaires à l’âge adulte pour optimiser les protections vaccinales recommandées.
Stratégie de rattrapage vaccinal
En l’absence de document et lorsque le patient ne connaît pas ou incomplètement son statut vaccinal, deux approches sont possibles en fonction du patient :
- S’il risque de ne pas revenir en consultation et que celle du jour représente donc la seule opportunité possible, on peut effectuer un rattrapage dit « simplifié », réalisable en une seule consultation.
- S’il semble disposé à un suivi plus régulier, on pourra lui proposer un rattrapage « avancé », plus complet, « adapté à l’immunité de la personne et échelonné sur plusieurs consultations ».
À noter que toutes les doses de vaccins reçues comptent indépendamment du délai écoulé depuis la dernière dose reçue dès lors que l’âge minimal, l’intervalle minimal entre les doses et la dose d’antigène recommandée pour l’âge ont été respectés. Par ailleurs, il est recommandé de privilégier l’utilisation de vaccins combinés dans le respect de leur limite d’âge fixée par l’AMM.
Vaccins contre la diphtérie, le tétanos, la poliomyélite et la coqueluche
Ils doivent être renouvelés tout au long de la vie.
Le calendrier vaccinal 2020 préconise un rappel de vaccin combiné tétravalent diphtérie-tétanos-poliomyélite-coqueluche (DTPCa) à 25 ans puis des rappels de vaccin trivalent DTP à 45 ans, 65 ans et tous les 10 ans par la suite compte tenu d’une moins bonne réponse vaccinale.
Quand la primo-vaccination DTPCa a été administrée avec des doses vaccinales entières pendant l’enfance, les vaccins de rappel contenant une dose réduite d’anatoxine diphtérique (d) et d’antigènes coquelucheux (ca) suffisent à relancer l’immunité chez un adulte. Ces doses réduites permettent de minimiser certaines réactions allergiques post-vaccinales. Les vaccins à doses réduites disponibles sont Revaxis (dTP) et Boostrixtetra ou Repevax (dtPca).
Depuis 2022, la vaccination contre la coqueluche chez la femme enceinte est recommandée à partir du deuxième trimestre de grossesse, en privilégiant la période entre 20 et 36 semaines d’aménorrhée. En effet, le vaccin contre la coqueluche diminuerait de 93 % la mortalité néonatale et maternelle.
Vaccins de rattrapage
Ils peuvent être proposés aux adultes exposés qui n’ont pas été suffisamment vaccinés pendant leur enfance.
Exemples :
- Le vaccin rougeole-oreillons-rubéole (ROR) est particulièrement indiqué chez les jeunes adultes, sans antécédents connus de ces maladies. Il permet d’éviter le risque de complications parfois sévères de ces infections et de protéger la femme enceinte du risque de malformations du fœtus causées par le virus de la rubéole.
- Le vaccin contre l’hépatite B est fortement recommandé aux personnes exposées à la transmission du virus par voie sexuelle ou injectable. Toutefois, on peut procéder au dépistage de l’hépatite B en prévaccinal en réalisant un dosage sanguin des anticorps anti-HBs.
- Le vaccin HPV par Gardasil 9® :
- pour les jeunes filles entre 11 et 14 ans (il n’est pas recommandé durant la grossesse),
- pour les garçons (la vaccination des garçons permet, en réduisant la circulation du virus, de protéger les filles contre les infections à HPV et leurs conséquences),
- pour toute personne immunodéprimée avec un rattrapage jusqu’à l’âge de 19 ans révolus,
- pour les hommes ayant des relations homosexuelles jusqu’à 26 ans.
Vaccins adulte : vaccinations conseillées pour les personnes fragiles ou exposées
Le risque infectieux et plus encore le risque d’infections graves augmente avec l’âge. Des vaccinations sont particulièrement recommandées aux personnes âgées et à certains adultes fragilisés.
Un rappel est souvent jugé nécessaire car, même si la mémoire immunitaire perdure chez le sujet âgé, elle n’est pas toujours suffisante pour induire une protection.
Vaccin contre la grippe saisonnière
Des études cliniques ont montré une efficacité significative du vaccin antigrippal vis-à-vis de la prévention des décès liés à la grippe et du risque d’hospitalisation pour pneumonie des personnes âgées.
La vaccination contre la grippe est recommandée une fois par an, pendant les mois d’octobre à mars (périodes de fortes épidémies), pour :
- les personnes âgées de plus de 65 ans, bien qu’on sache que chez les gens très âgés, le vaccin est relativement inefficace car leur système immunitaire n’est plus en mesure de répondre à la vaccination (c’est pourquoi le vaccin antigrippal quadrivalent à haute dose Efluelda® a obtenu une autorisation de mise sur le marché en avril 2020, en effet, il se distingue par une dose d’antigènes 4 fois plus élevée que les autres vaccins antigrippaux quadrivalents ; il a également été intégré au calendrier vaccinal 2021-2022) ;
- les femmes enceintes quel que soit le trimestre de la grossesse, de façon à protéger les nouveau-nés durant deux à trois mois
(dans les faits, en France métropolitaine, seule une femme enceinte sur cinq serait vaccinée contre la grippe) ; - les personnes atteintes de certaines pathologies chroniques (maladies respiratoires, troubles cardiaques, diabète, déficits immunitaires primitifs ou acquis…) mais aussi de rhumatismes inflammatoires chroniques (chez qui le vaccin se révèlerait particulièrement efficace) ;
- l’entourage des personnes immunodéprimées ;
- les personnes séjournant dans un établissement de soins de suite, ainsi que dans un établissement médico-social d’hébergement, quel que soit leur âge ;
- l’entourage des nourrissons de moins de 6 mois présentant des facteurs de risque de grippe grave ;
- les personnes obèses ;
- les professionnels de santé et tout professionnel en contact régulier et prolongé avec des personnes à risque de grippe sévère (personnels des services de secours et d’incendie, personnels des services d’aide à domicile et aides à domicile, via Cesu) ;
- les professionnels exposés dans le cadre professionnel aux virus porcins et aviaires (depuis 2022) ;
- le personnel navigant des bateaux de croisière et des avions, ainsi que le personnel de l’industrie des voyages accompagnant les groupes de voyageurs (guides).
Cette vaccination est prise en charge à 100 % par l’Assurance Maladie pour les personnes de plus de 65 ans et certaines personnes traitées pour une affection de longue durée. Les personnes concernées reçoivent de leur caisse d’Assurance Maladie une invitation et un bon de prise en charge permettant de retirer gratuitement le vaccin chez le pharmacien et de se faire vacciner par le professionnel de son choix (y compris le pharmacien lui-même depuis l’automne 2019).
Vaccin contre les pneumocoques
Le vaccin pneumocoque Pneumo 23 protège contre 23 sérotypes de pneumocoques responsables d’au moins 90 % des infections pneumococciques invasives (IIP). Il peut être administré en même temps que le vaccin contre la grippe. Il est remboursé à 65 % par l’assurance maladie pour toutes les personnes présentant un risque d’infection invasive à pneumocoque.
Il est recommandé pour :
- les personnes âgées de plus de 65 ans si elles sont à risque de développer une IIP ;
- les sujets présentant un déficit immunitaire primaire ou acquis (chimiothérapie, traitement immunosuppresseur, radiothérapie, greffe, transplantation, sida…) ;
- les sujets ayant une maladie sous-jacente prédisposant à la survenue d’une infection (insuffisance cardiaque, insuffisance respiratoire chronique, asthme sévère, insuffisance rénale, maladies du foie chroniques, diabète non équilibré …)
Le nombre de doses à administrer varie en fonction de la pathologie associée et la dose de rappel n’est pas systématique.
Depuis 2018, le calendrier vaccinal est simplifié en ce qui concerne les recommandations contre les infections à pneumocoque pour :
- les prématurés et les nourrissons à risque élevé d’infection pulmonaire : une dose de vaccin conjugué 13-valent à 2, 3 et 4 mois avec un rappel à l’âge de 11 mois ;
- les nourrissons âgés de 2 à 6 mois : une dose de vaccin conjugué 13-valent à 2 et à 4 mois avec une dose de rappel à 11 mois ;
- les nourrissons âgés de 7 à 11 mois non vaccinés antérieurement : deux doses de vaccin conjugué 13-valent à deux mois d’intervalle et un rappel un an plus tard ;
- les nourrissons âgés de 12 à 23 mois non vaccinés antérieurement : deux doses de vaccin conjugué 13-valent à au moins deux mois d’intervalle ;
- les personnes âgées de 5 ans et plus présentant un facteur de risque d’infection pulmonaire :
- non vaccinés antérieurement : VPC13 (Prevenar 13®) puis VPP23 (Pneumo 23™) 8 semaines plus tard ;
- vaccinés antérieurement :
- avec la séquence VPC13-VPP23 : VPP23 avec un délai d’au moins 5 ans après le dernier VPP23,
- vaccinés depuis plus de 1 an avec le VPP23 : VPC13 puis revaccination par VPP23 avec un délai d’au moins 5 ans après le dernier VPP23.
Vaccin contre le zona
Le zona est une maladie causée par la réactivation du virus varicelle-zona, qui survient principalement chez les personnes âgées (plus de 60 % des cas de zona surviennent après l’âge de 45 ans). La vaccination contre le zona a été développée spécifiquement pour les personnes âgées de 65 à 74 ans. Elle permet de réduire la fréquence du zona et la gravité des douleurs post-zostériennes (61 % des cas) mais son efficacité n’excède pas les 50 %. De plus, après 10 ans, l’efficacité vaccinale ne persiste que pour 20 % des personnes.
Une unique dose de vaccin anti-zona (Zostavax®, vendu 122 € hors coût d’administration par un professionnel) reste recommandée, y compris chez les sujets ayant déjà présenté un ou plusieurs épisodes de zona (co-administration possible avec le vaccin contre la grippe saisonnière et le vaccin dTP).
La vaccination est également recommandée dans les 3 jours suivant un contact avec un cas de varicelle ou de zona pour toute personne immunocompétente de plus de 12 ans (à l’exclusion des femmes enceintes), sans antécédents de varicelle et sans antécédent de vaccination contre la varicelle. La vaccination comprend dans ce cas deux injections (Varivax®) espacées de 4 à 8 semaines.
Ce vaccin est pris en charge à 30 % par l’Assurance Maladie dans le cadre des recommandations vaccinales officielles.
Vaccin contre la tuberculose (BCG)
La vaccination contre la tuberculose n’est plus obligatoire en France pour la population générale depuis 2007.
Elle restait obligatoire pour les professionnels exposés. Compte tenu de l’évolution de la situation épidémiologique et des connaissances médicales et scientifiques, le décret n° 2019-149 du 27 février 2019 suspend à compter du 1er avril 2019 l’obligation vaccinale par le BCG pour certaines activités et professions, comme les étudiants en médecine, chirurgie dentaire et pharmacie, les étudiants sages-femmes, les aide-soignants et infirmiers, les personnes exerçant une activité dans les établissements accueillant des enfants de moins de 6 ans, les assistantes maternelles, les sapeurs-pompiers, etc. C’est le médecin du travail qui évalue, au cas par cas, la nécessité ou non de se faire vacciner.
Le vaccin BCG AJVaccines® est le seul vaccin contre la tuberculose actuellement commercialisé en France et il est réservé aux collectivités publiques (centres de vaccination, services de PMI et Centres de lutte contre la tuberculose).
Vaccin contre la variole du singe
La HAS recommande la mise en œuvre d’une stratégie vaccinale réactive, c’est-à-dire après avoir été exposé au virus, dans les cas suivants :
- Les adultes en contact avec une personne infectée sont considérés comme à risque ;
- les professionnels de santé exposés sans mesure de protection individuelle.
Cette vaccination antivariolique doit être effectuée uniquement avec le vaccin de troisième génération et idéalement dans les 4-5 premiers jours suivant le contact pour augmenter le taux d’anticorps.