Les personnels de santé sont très exposés aux maladies infectieuses dans l’exercice de leurs fonctions. Afin de leur assurer une protection individuelle et d’éviter la transmission d’infections nosocomiales (contractées dans les établissements de soins) à leurs patients, certains vaccins ont été rendus obligatoires et d’autres sont particulièrement recommandés par les autorités sanitaires françaises. Petit tour d’horizon des vaccins pour les professionnels de santé.
Vaccins des professionnels de santé : la réglementation
En France, les vaccinations en milieu professionnel sont réglementées par le Code de la santé publique qui impose certains vaccins, et par le Code du travail, qui prévoit qu’un employeur, sur proposition du médecin du travail, peut recommander des vaccinations aux salariés non immunisés dans le but de prévenir un risque professionnel.
Les sujets concernés par les vaccinations obligatoires ou recommandées en milieu de santé sont :
- Les personnes qui exercent une activité susceptible de présenter un risque d’exposition à des agents biologiques dans un établissement public ou privé de prévention, de soins ou d’hébergement.
- Les étudiants se préparant à l’exercice des professions médicales ou paramédicales (médecin, sage-femme, pharmacien, kinésithérapeute, infirmier, aide-soignant, auxiliaire de puériculture, ambulancier, technicien en analyses biomédicales, services de secours, services funéraires, services sociaux et médico-sociaux, services aux particuliers ainsi que les militaires lors de l’incorporation).
- Les vaccinations nécessaires peuvent être réalisées par un médecin traitant ou un médecin du travail qui est chargé de faire respecter les obligations vaccinales.
- Les personnes pour qui des vaccinations sont contre-indiquées doivent être exclues des postes de travail à risque.
- Un employé refusant de manière injustifiée une vaccination obligatoire peut se voir infligé une rupture de contrat de travail pour non-respect du règlement de sécurité.
- Les dépenses engagées pour les vaccinations obligatoires ou recommandées, et si nécessaire la recherche de l’immunisation, doivent être prises en charge par les employeurs.
Vaccins des professionnels de santé : obligations
Les vaccinations contre la diphtérie, le tétanos et la poliomyélite sont obligatoires pour l’ensemble des personnels de santé non immunisés. En outre, la vaccination contre l’hépatite B est obligatoire pour les personnes exposées (article L. 3111-4 du Code de la santé publique).
Afin de prouver son immunité contre ces maladies, l’employé doit fournir des certificats dès le début et tout au long de son activité professionnelle :
- Pour le vaccin diphtérie-tétanos-poliomyélite (DTP) : un certificat de primo-vaccination puis de rappel à 25 ans, 45 ans et 65 ans.
- Pour le vaccin contre l’hépatite B : un certificat de primo-vaccination (3 injections) suivi d’un certificat d’immunité confirmé par un contrôle sérologique révélant une quantité d’anticorps anti-HB suffisante pour éviter un rappel de vaccination.
L’obligation de vaccin contre la tuberculose (BCG, qui nécessitait un certificat de vaccination ou d’immunité confirmée) est suspendue pour certaines activités et professions depuis le 1er avril 2019 (y compris pour les professionnels de santé qui sont pourtant plus à risque de contracter la tuberculose que la population générale).
Par ailleurs, l’obligation de vaccination contre la covid-19 concernant professionnels de santé et étudiants a été suspendue par le décret n° 2023-368 du 13 mai 2023.
Vaccins professionnels de santé : recommandations
Certaines autres vaccinations sont recommandées par les médecins du travail en fonction de l’évaluation des risques de contamination. Les principales vaccinations recommandées pour les professions de santé sont :
- le vaccin contre la grippe, une injection par an pour les médecins généralistes, infirmiers, sages-femmes, pédiatres, pharmaciens titulaires d’officine, masseurs-kinésithérapeutes, gynécologues et chirurgiens-dentistes (leur vaccin est pris en charge à 100 %)* ;
- le vaccin contre la coqueluche, généralement associé au rappel DTP à 25 ans et pouvant être proposé jusqu’à l’âge de 39 ans révolus ;
- le vaccin combiné rougeole- oreillons-rubéole (ROR) et le vaccin contre la varicelle, pour les personnes sans antécédents de ces maladies ;
- le vaccin contre l’hépatite A, particulièrement recommandé pour les personnes en contact avec des enfants, des personnes âgées ou des personnes handicapées et pour les personnes manipulant du matériel contaminé ou susceptible de l’être (quelques cas de transmissions nosocomiales au personnel soignant ont été décrits en réanimation néonatale, dans une unité de brûlés et dans un service de neurologie adulte) ;
- le vaccin contre l’hépatite B pour les professionnels ou personnes susceptibles d’être exposées au sang et aux autres produits biologiques (que le contact soit direct ou indirect) au cours de leur activité.
* L’Académie de médecine recommande de rendre obligatoire la vaccination antigrippale pour tous les soignants et les personnels sociaux en contact avec les personnes vulnérables dans le cadre de l’épidémie de COVID-19. Ainsi, cette vaccination a aussi été élargie aux personnels des services de secours et d’incendie, personnels des services d’aide à domicile, et aides à domicile via Cesu. Une troisième dose de vaccin (rappel) est également recommandée à partir de trois mois après la précédente injection ou après une infection au Covid-19 si celle-ci a eu lieu après la vaccination.
Face à l’épidémie de Covid-19, la HAS recommande que la dose de rappel de vaccin soit réalisée chez toutes les personnes de 18 ans et plus. La dose de rappel concerne également les jeunes de 12 à 17 ans immunodéprimés ou ayant une pathologie à haut risque ou bien une comorbidité. Dans un avis rendu le 27 septembre 2021, la HAS recommande d’administrer le vaccin contre la Covid-19 et le vaccin contre la grippe le même jour. Aucun délai n’est nécessaire entre ces deux vaccinations.
En Guyane, une seconde dose de vaccin contre la fièvre jaune est recommandée 10 ans après la primo-vaccination pour les personnels de laboratoire susceptibles d’être exposés au virus.