Vaccins pour enfant

Sommaire

À l'âge de deux ans, votre enfant a normalement reçu les vaccins essentiels pour le protéger contre de graves maladies infectieuses. Afin de lui assurer une protection optimale, des vaccinations doivent être poursuivies selon les recommandations du calendrier vaccinal officiel qui indique le nombre de doses requises et le moment le plus favorable pour administrer les vaccins nécessaires.

Pour faciliter la vaccination, multiplier les occasions de vaccination et, à terme, d’augmenter les couvertures vaccinales en France, la compétence a été étendue en matière de vaccination et de prescription de vaccins pour :

  • les infirmiers (qui peuvent administrer tout vaccin sur prescription médicale chez les enfants à partir de la naissance) ;
  • les pharmaciens (chez les plus de 16 ans et sur présentation d'une ordonnance) ;
  • les sages-femmes (chez tous les enfants et adolescents de la naissance jusqu’à 15 ans inclus).

par le décret n° 2022-610 du 21 avril 2022 et le décret n° 622-611 du 21 avril 2022.

Quels sont les vaccins pour enfant rendus obligatoires et ceux qui sont recommandés ? Quelles sont leurs caractéristiques ? Petit tour d'horizon.

Vaccins enfant : obligations et recommandations

Tous les bébés doivent être vaccinés contre la diphtérie, le tétanos, la poliomyélite, la coqueluche, la rougeole, les oreillons, la rubéole, l'hépatite B, l'Haemophilus influenzae, le pneumocoque et le méningocoque C.

Il existe aujourd'hui des vaccins hexavalents (InfanrixHexa®, Hexyon® ou Vaxelis®) pour la vaccination des nourrissons à 2 mois, 4 mois et 11 mois. Les vaccins pentavalents (InfanrixQuinta®, Pentavac®) ne sont disponibles qu’en quantité limitée. Ces vaccins doivent être réservés en priorité pour des situations particulières (nouveau-nés de mères porteuses de l’antigène HBs, ainsi que ceux nés en Guyane ou à Mayotte).

À noter : aucune sanction n'est prévue pour les parents d'un enfant non-vacciné mais celui-ci ne sera pas admis en collectivité (crèche, école, centre de loisirs, etc.). Le maintien de l'enfant en collectivité est subordonné à la justification chaque année de la réalisation des vaccinations obligatoires (décret n° 2019-137 du 26 février 2019, venu compléter l'article R. 3111-8 du Code de la santé publique). De plus, le non-respect des obligations vaccinales par les parents est un motif de démission légitime pour les assistants maternels, c’est-à-dire ouvrant droit aux allocations chômage (décret n° 2019-797 du 26 juillet 2019). Les enfants nés avant le 1er janvier 2018 ne sont pas concernés, seul le DTPolio étant exigible pour eux. 

Le vaccin particulier contre le papillomavirus (HPV) destiné aux filles et aux garçons de 11 à 14 ans reste, quant à lui, recommandé par les autorités de santé et il a été intégré au calendrier vaccinal 2020 (il est pris en charge à 100 % par l'Assurance maladie).

Bon à savoir : les syndicats de pédiatres ont alerté sur le fait que la crise du coronavirus et le confinement ne doivent pas conduire les parents à repousser de plusieurs mois la vaccination des enfants de moins de deux ans contre des maladies potentiellement graves, comme la rougeole ou la méningite.

L’article L. 541-1 du Code de l’éducation prévoit deux visites médicales pour les enfants en maternelle : la première a lieu lors de la quatrième année de l’élève, entre 3 et 4 ans, la seconde  a lieu lors de sa sixième année, entre 5 et 6 ans. C'est l'occasion pour le médecin scolaire de faire un point sur les vaccins effectués ou à effectuer.

Doses de rappel recommandées pour tous

Les obligations de vaccination contre la diphtérie, le tétanos et la poliomyélite sont généralement respectées par la primo-vaccination (comprenant 3 injections) avant l'âge de 2 ans. Deux doses de rappel diphtérie-tétanos-polio (DTP) et coqueluche (Ca) sont recommandées à l'âge de 6 ans et à 11-13 ans pour réactiver l'immunité (le vaccin utilisé sera de préférence le même au moment des rappels).

Les vaccins disponibles contre la coqueluche sont toujours combinés à ceux contre la diphtérie, le tétanos et la poliomyélite (DTPCa). Pour diminuer le risque de réaction allergique, certains vaccins tétravalents DTPCa existants contiennent des doses réduites d'anatoxine diphtérique et d'antigènes coquelucheux. Ces doses réduites sont indiquées par des lettres minuscules (d, ca) :

  • Les vaccins tétravalents contenant des concentrations entières : DTPCa (Infanrix tetra ou Tetravac acellulaire), sont recommandés à l'âge de 6 ans et pour le rappel à 11-13 ans, si la dose administrée à 6 ans était réduite ou absente.
  • Les vaccins tétravalents contenant des doses réduites : DTPca (Boostrix tetra ou Repevax), peuvent être utilisés pour le rappel à 11-13 ans, après la vaccination à doses entières à 6 ans.

Bon à savoir : pour les enfants chez qui le vaccin contre la coqueluche est contre-indiqué, un vaccin DT adsorbé est disponible (le médecin prescripteur doit en faire la demande en remplissant un formulaire spécifique).

Vaccin contre le papillomavirus pour les filles et... pour les garçons

Le papillomavirus (HPV), transmis par voie sexuelle, peut être responsable de verrues génitales (condylomes) et de lésions qui sont la première cause des cancers du col de l'utérus

Une vaccination contre les infections à papillomavirus humains (HPV) a été mise en place en 2007, dans le but de réduire l’incidence des lésions précancéreuses. Elle est recommandée, avant le premier rapport sexuel, pour les jeunes filles entre 11 et 14 ans avec un rattrapage possible entre 15 et 19 ans mais également pour les garçons.

Bon à savoir : le vaccin peut être proposé dans certains centres gratuits d'information, de dépistage et de diagnostic (CeGIDD), ainsi que dans certains centres publics de vaccination afin de permettre un accès gratuit à la vaccination.

On dispose actuellement de deux vaccins anti-HPV actifs contre les souches de papillomavirus les plus dangereuses :

  • Gardasil®, vaccin quadrivalent actif contre les souches 6, 11, 16 et 18 (ce vaccin quadrivalent ne sera plus commercialisé à partir du 31 décembre 2020, au profit du Gardasil 9®, un vaccin nonavalent disponible depuis 2018 et qui contient cinq génotypes supplémentaires de papillomavirus humains à haut risque : 31, 33, 45, 52 et 58).
  • Cervarix®, vaccin bivalent actif contre les souches 16 et 18.

Le schéma vaccinal anti-HPV comporte soit 2 doses à 6 mois d'intervalle chez les enfants âgés de 9 à 13 ans (garçons et filles), soit 3 doses (les deux premières à un ou deux mois d'intervalle et la troisième au sixième mois) avant 19 ans.

Par ailleurs, pour les hommes ayant des relations homosexuelles, la vaccination HPV par Gardasil 9® est recommandée jusqu’à l’âge de 26 ans, en prévention des lésions précancéreuses anales, des cancers anaux et des condylomes, sachant que certaines souches de papillomavirus sont aussi impliquées dans la survenue des cancers de l'oropharynx, de l'anus et du pénis.

Bon à savoir : la première vaccination anti-HPV peut être effectuée le même jour que la vaccination DTPCa recommandée à 11-13 ans.

Vaccins de rattrapage pour enfants

Si votre enfant n'a pas reçu certains vaccins avant ses 2 ans, des rattrapages sont recommandés :

  • Pour le vaccin contre l'hépatite B :
    • soit 3 doses (deux doses à 1 mois d'intervalle et la troisième dose au 6e mois) chez les enfants entre 2 et 15 ans,
    • soit 2 doses, espacées de 6 mois, chez les enfants de 11 à 15 ans révolus.

Bon à savoir : le dosage des anticorps anti-HBs peut être utilisé pour guider le rattrapage vaccinal.

  • Pour le vaccin contre le pneumocoque chez un enfant de 3 ans à risque : PCV13 (Prevenar 13), puis VPP23 (Pneumo 23) deux mois plus tard et VPP23 cinq ans plus tard.
  • Pour le vaccin contre le méningocoque C : 1 dose avant l'âge de 24 ans.
  • Pour le vaccin trivalent contre la rougeole, les oreillons et la rubéole (ROR), avant l'âge de 19 ans : soit 2 doses à au moins 1 mois d'intervalle si pas de vaccin antérieur, soit 1 dose si une seule dose vaccinale antérieure.

Par ailleurs, il faut privilégier l’utilisation de vaccins combinés dans le respect de leur limite d’âge fixée par l’AMM.

Les recommandations de la HAS précisent aussi qu’aucune association de vaccins n'est déconseillée s'agissant du calendrier vaccinal français, à l'exception de l'administration des vaccins vivants contre la fièvre jaune et contre la rougeole, les oreillons et la rubéole (ROR), pour lesquelles il est nécessaire de respecter un délai minimum de 28 jours entre les injections.

Exemple : hexavalents et Infanrix quinta® ne sont pas indiqués après 3 ans.

Vaccins enfant recommandés dans les situations à risques

S'il existe des risques particuliers de contamination (collectivités, cas d'infection d'un proche, épidémie, fragilité ou déficit immunitaire), des vaccins peuvent être proposés contre la tuberculose (vaccin BCG), la grippe, l'hépatite A, le méningocoque B, les méningocoques A, Y et W et la varicelle (les vaccins contre le pneumocoque et le méningocoque C étant désormais rendus obligatoires).

À noter : le vaccin Bexsero® contre le méningocoque B est désormais préconisé pour l’ensemble des nourrissons à partir de 2 mois et avant l’âge de 2 ans, avec 3 doses à 3, 5 et 12 mois (la vaccination avec le Bexsero® ou le Trumenba® à partir de 10 ans n’est recommandée qu’en cas de foyer d’infections ou d'hyperendémie). La HAS recommande aussi l’extension de la vaccination contre la grippe saisonnière à tous les mineurs de 2 à 17 ans (source : Haute Autorité de Santé, 9 février 2023).

Pour les voyages à l'étranger, d'autres vaccinations (fièvre jaune, rage, méningocoques, hépatites...) sont parfois obligatoires ou recommandées selon les pays, sachant que les sages-femmes sont autorisées à prescrire et à administrer la plupart de ces vaccinations chez toutes les femmes et chez les personnes vivant dans l'entourage de l'enfant ou de la femme enceinte. Par ailleurs, les centres de vaccination anti-amarile peuvent désormais procéder, à l’occasion de la vaccination du voyageur, aux rappels et rattrapages vaccinaux des vaccins remboursables du calendrier des vaccinations dans les conditions de remboursement habituelles.

Bon à savoir : lorsqu’un retard est intervenu dans la réalisation du calendrier de vaccinations indiqué, il suffit de reprendre ce programme au stade où il a été interrompu et de compléter la vaccination en tenant compte du nombre de doses manquantes et de l’âge du sujet (il est aussi conseillé de débuter le rattrapage par les vaccins protégeant contre les maladies infectieuses invasives et/ou ceux nécessitant plusieurs doses parmi ceux indiqués).

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