Contraception et interaction médicamenteuse : attention !

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La prise de médicaments peut entraîner des conséquences importantes sur l'efficacité des moyens de contraception, avec des risques potentiels pour la santé sexuelle et reproductive de la femme. Le risque d’interaction médicamenteuse avec les contraceptifs hormonaux peut rapidement conduire à une grossesse non planifiée. L’utilisation d’un médicament mal étudié pourrait donc faire mauvais ménage avec votre pilule ou votre stérilet et provoquer une induction enzymatique indésirée... Découvrez les interactions possibles avec les médicaments pour éviter des conséquences indésirables.

Quelles précautions prendre en cas de contraception ?

Avant tout, il est essentiel que le patient qui utilise une contraception hormonale soit suffisamment informé sur le risque possible d'interaction avec d'autres médicaments. Selon les règles de l’OMS, lorsque le médecin prescrit un médicament susceptible d'avoir des conséquences particulières sur le cycle menstruel, il doit prendre en considération les moyens de contraception (oraux, ou autres) utilisés par son patient et évaluer le risque de diminution de leur effet.

Et si la prise du médicament responsable de l'interaction est incontournable, malgré les effets indésirables, il est généralement recommandé de réévaluer la méthode contraceptive de la patiente.

C’est la raison pour laquelle vous devez toujours prendre le soin d’informer votre médecin des moyens de contraception que vous utilisez.

Bon à savoir : Jusqu'à présent, aucune interaction cliniquement significative n'a été signalée entre les contraceptifs hormonaux et les aliments. Cependant, il est important de noter que la consommation d’une certaine dose de millepertuis (une plante aux propriétés antidépressives présente dans la phytothérapie et les compléments alimentaires), est déconseillée en raison de sa capacité à réduire l'efficacité de la contraception par induction enzymatique.

Certains médicaments antiépileptiques, antituberculeux ou anti-VIH peuvent, à forte dose, provoquer une contraception par induction enzymatique.

Interactions médicamenteuses à envisager chez un patient

La liste des interactions de médicaments n’est pas exhaustive. D’ailleurs, elles dépendent des méthodes de contraception utilisées par chaque femme et les effets varient également en fonction du cycle et de l’organisme de chaque femme.

La pilule contraceptive

Si la pilule est votre moyen de contraception de choix, sachez que certains médicaments peuvent influencer son efficacité de manière significative :

  • des traitements peuvent diminuer les effets de la pilule : certains antibiotiques, antiépileptiques, antituberculeux, antimigraineux, psychostimulants, antifongiques, laxatifs, charbons actifs, et hypolipidémiants ;
  • d'autres, à l'inverse, peuvent amplifier ses effets : la vitamine C, la flunarizine, etc.

De plus, certains médicaments peuvent voir leurs effets amplifiés par la prise de la pilule, notamment :

  • la cyclosporine ;
  • les benzodiazépines ;
  • et les antidépresseurs tricycliques.

À noter : Certains médicaments tels que les laxatifs ou l’orlistat sont susceptibles de provoquer des diarrhées aqueuses sévères.

Il est important de noter que ces observations ne se limitent pas à la pilule seule : elles sont également pertinentes pour d'autres formes de contraception hormonale telles que le patch, le stérilet hormonal et l'anneau vaginal. Les femmes doivent connaître les interactions potentielles de chaque méthode contraceptive hormonale.

Le stérilet

Le stérilet, également connu sous le nom de dispositif intra-utérin (DIU), est une méthode contraceptive hautement efficace chez les femmes en cas de rapport sexuel. Il en existe 2 sortes :

  • le stérilet au cuivre : en général, le stérilet au cuivre n'a pas d'effet direct sur le rapport sexuel. Il est placé à l'intérieur de l'utérus et agit en empêchant la fécondation : il altère la mobilité des spermatozoïdes et rend l'utérus inhospitalier pour une éventuelle implantation de l’ovule fécondé ;
  • le stérilet hormonal (lévonorgestrel) : le lévonorgestrel n’a pas non plus un impact direct sur le rapport sexuel. Il libère lentement des hormones progestatives (le lévonorgestrel proprement dit) qui agissent localement dans l'utérus pour inhiber l'ovulation.

La croyance populaire veut que les effets du stérilet soient amoindris par les anti-inflammatoires. Ceux-ci ne sont pas contre-indiqués : au contraire, puisqu'ils peuvent soulager des règles douloureuses, par exemple.

Si les anti-inflammatoires peuvent soulager les règles douloureuses, elles peuvent toutefois rendre votre moyen de contraception moins efficace, si celui-ci est uniquement au cuivre (sans hormones) et si votre traitement est de longue durée. Méfiez-vous donc en cas de prescription d’anti-inflammatoires pour un problème de santé (une entorse par exemple).

Dans de tels cas, il est essentiel de discuter avec le médecin des alternatives possibles ou d'adopter des précautions supplémentaires si la prise d'anti-inflammatoires est inévitable.

Bon à savoir : Le risque de diminution de l’efficacité contraceptive existe avec tous les contraceptifs hormonaux, quelle que soit leur voie d’administration :

  • contraceptifs oraux ;
  • transdermiques (patchs) ;
  • sous-cutanés (implant) ;
  • vaginal (anneau) ;
  • ou systémique (injectable).

Bons réflexes pour éviter l'imprévu

Pour éviter les effets indésirables liés à une interaction de médicament, vous pouvez adopter plusieurs bons réflexes :

  • informer votre médecin : signalez à votre médecin le moyen de contraception utilisé, surtout si celui-ci est nouveau, important ou de longue durée. Il pourra opter pour l’administration d’un autre traitement, ou vous donner des conseils pour votre contraception (doubler la dose de progestérone, utiliser une contraception mécanique, etc.). Le médecin pourra ajuster le traitement en conséquence, proposer une alternative ou donner des conseils spécifiques pour garantir que votre l’effet de votre contraception soit maintenu ;
  • lire les notices : les notices contiennent des informations sur les possibles interactions de chaque médicament et les risques sur la santé. Ces informations contiennent des détails sur d'éventuelles interactions médicamenteuses. Être bien informé contribue à une utilisation plus sécuritaire de vos médicaments et de votre contraception ;
  • en cas de doute, utiliser un préservatif pendant tout le cycle concerné par le nouveau traitement. Cela garantira une protection efficace contre une grossesse non désirée.

En conclusion :

  • De nombreux médicaments peuvent interagir avec votre moyen de contraception (pilule ou stérilet) ;
  • Conséquence : un effet amoindri ou amplifié du moyen de contraception ;
  • Informez votre médecin et faites des points réguliers pour éviter tout effet indésirable.

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