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Effets secondaires de la cortisone

Mis à jour le 26/04/2024

Temps de lecture estimé à 8 min

Rédigé par des auteurs spécialisés pagesjaunes

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Femme en surpoids
© 123RF / Luis Louro
Bien prendre ses médicaments

Sommaire.

  1. Prednisone et prednisolone : deux anti-inflammatoires stéroïdiens populaires
  2. Les principaux effets secondaires des corticostéroïdes
  3. Comment limiter les effets secondaires d’un traitement aux corticostéroïdes ?
  4. Contre-indications à la corticothérapie

En médecine, les dérivés de la cortisone, les corticoïdes, sont des traitements utilisés dans de nombreuses pathologies. Ils ont un rôle anti-inflammatoire et peuvent être utilisés sur du court ou du long terme, selon la pathologie.

S’ils ont montré leur efficacité dans un grand nombre de maladies (inflammatoires, allergiques, auto-immunes…), ils ne sont pas dénués d’effets indésirables. Certains surviennent dès les premiers jours de prise, alors que d’autres ne concernent que les prises au long cours (plusieurs semaines ou mois). Le point dans cet article.

Bon à savoir

Important :la plupart des effets secondaires concernent des prises de corticoïdes au long cours, et disparaissent à l’arrêt du traitement. Ne stoppez pas un traitement par corticoïdes à cause des effets secondaires sans en parler à votre médecin ! Si un traitement est prescrit, c’est que le bénéfice est supérieur au danger.

Prednisone et prednisolone : deux anti-inflammatoires stéroïdiens populaires

Les propriétés de ces médicaments les indiquent dans les traitements de multiples maladies inflammatoires très variées, comme la sclérose en plaques ou l’eczéma. Parmi les produits généralement utilisés pour résoudre les problèmes de santé liés à l’inflammation, il existe la Prednisone Biogaran ou la Prednisolone Biogaran.

Le premier médicament est un anti-inflammatoire stéroïdien indiqué dans le traitement de nombreuses pathologies bénignes telles que les allergies, l’otite, la sinusite aiguë, etc. Ce médicament constitue aussi le traitement des douleurs causées par les affections graves comme le cancer, le rhumatisme musculaire aigu, etc. Son action est semblable à celle des corticoïdes naturels qui favorisent la défense de l’organisme contre les agressions, la gestion du stress, le contrôle de l’inflammation ou la dépense des sucres.

Les principaux effets secondaires des corticostéroïdes

Les anti-inflammatoires stéroïdiens sont efficaces pour le traitement de nombreuses pathologies. Toutefois, ils peuvent entraîner des effets secondaires handicapants au quotidien.

Troubles métaboliques et risque cardio-vasculaire de la cortisone

Prise de poids et lipodystrophies

Sous corticoïdes, la prise de poids est fréquente (40 à 60 % des patients après 2 mois de traitement), en général modérée :

  • elle est due notamment à une augmentation de l’appétit.
  • de plus, peuvent apparaître des lipodystrophies : des redistributions de cellules graisseuses (adipocytes). Ainsi, le visage s’arrondit, une « bosse » peut apparaître derrière la nuque.

Hypertension artérielle (HTA) et diabète causés par la cortisone

Une HTA peut être provoquée par les corticoïdes. Des mesures de tension régulières permettent de la détecter.

Bon à savoir

: Les HTA, aggravées par une corticothérapie, peuvent mener à des HTA réfractaires, c’est-à-dire à une tension non contrôlée en dépit de l’association de trois antihypertenseurs ou par la nécessité d’un traitement encore plus lourd pour atteindre la norme.

Prendre la cortisone sur une longue durée augmente le danger de développer une hyperglycémie (a fortiori si la thérapie est à dose élevée, soit supérieure à 0,5 mg/kg/j). Par ailleurs, chez un patient déjà connu pour être diabétique ou ayant des antécédents familiaux d’hyperglycémie, la cortisone sera prescrite avec précaution (l’état glycémique doit être vérifié), car le danger de déséquilibrer l’hyperglycémie est majeur, même sur un traitement court, ou par injection.

À noter que les personnes qui développent une hyperglycémie sous corticothérapie ont plus de risque de développer une hyperglycémie de type 2 ou une hyperglycémie gestationnelle au cours de leur vie en dehors de la prise de corticoïdes.

Cortisone et dyslipidémie

Sur le plan métabolique, les corticoïdes peuvent aussi entraîner une augmentation des taux sanguins de cholestérol et de triglycérides. On parle de dyslipidémie :

  • le diabète et la dyslipidémie ne donnent en général pas de symptômes (il est parfois possible de ressentir une forte soif et l’envie d’uriner en cas d’hyperglycémie) ;
  • il faut donc les dépister, car ce sont des facteurs de risque cardio-vasculaires nécessitant une prise en charge ; pour cela, une prise de sang à jeun suffit.

Attention toutefois, dans le cas d’un diabète cortico-induit, la glycémie à jeun avant de prendre les corticoïdes sera normale. Elle augmentera de manière significative en fin d’après-midi et se normalisera en soirée et dans la nuit, raison pour laquelle la glycémie à jeun n’a que peu de valeur pour diagnostiquer une hyperglycémie cortico-induite. Il conviendra de lui préférer une glycémie dans la matinée ou avant le déjeuner.

Cortisone : troubles des muscles et du squelette

Faiblesse musculaire

Une prise de corticoïdes au long cours peut provoquer chez 15 à 40 % des patients une faiblesse des muscles, surtout chez les sujets âgés.

Elle est handicapante pour environ 5 % des individus. Les corticoïdes induisent aussi des crampes nocturnes, surtout en début de traitement.

Complications osseuses

Elles peuvent être de 2 types, l’ostéoporose et l’ostéonécrose aseptique d’un os :

  • L’ostéoporose est une déminéralisation osseuse qui augmente, à un stade avancé, le risque de fractures vertébrales, du poignet et de la hanche. Elle peut être dépistée par un examen : l’ostéodensitométrie. Des mesures diététiques, un apport en vitamine D, de l’activité physique sont préconisées pour lutter contre l’ostéoporose, et parfois le recours à certains médicaments.
  • L’ostéonécrose aseptique correspond à une destruction progressive d’un os, souvent la tête du fémur. Elle se diagnostique sur une image radiologique ou sur une IRM.

Par ailleurs, il semblerait que les infiltrations pratiquées en cas d’arthrose du genou augmenteraient jusqu’à quatre fois le danger de progression de l’arthrose du genou par rapport à l’absence de traitement par corticoïdes intra-articulaires. Cela se traduit par le triplement du rétrécissement de l’espace intra-articulaire.

Troubles cutanés et de l’humeur liés à la cortisone

Il y a trois types d’effets indésirables cutanés dus aux corticoïdes :

  • fragilité de la peau : vergetures, difficultés de cicatrisations, sécheresse ;
  • infections : infection du follicule pileux (folliculites) ;
  • troubles divers : acné, augmentation de la pilosité.

Les modifications de l’humeur sont en général mineures. Les corticoïdes provoquent fréquemment des insomnies, de l’anxiété ou une irritabilité. Ces affections concernent autant les thérapies courtes que prolongées. Très rarement, les troubles peuvent être sévères (dépression, euphorie, etc.).

Chez les femmes, la corticothérapie peut modifier les cycles menstruels. Chez les hommes, un dérèglement de la libido ou de l’érection peuvent être présents.

Complications ophtalmologiques et autres effets indésirables

Les corticoïdes peuvent augmenter le risque de glaucome et de cataracte. Chez les patients traités au long court, un examen ophtalmologique annuel est utile. D’autres effets secondaires existent :

  • troubles digestifs : les corticoïdes peuvent aggraver un ulcère de l’estomac déjà existant. Des crampes, des remontées acides peuvent se manifester.
  • effets indésirables infectieux : cette thérapie abaisse les défenses immunitaires. Cette propriété permet de traiter certaines pathologies, mais a pour conséquence d’augmenter le danger d’infection. L’apparition d’une fièvre sous corticoïdes nécessite une consultation médicale.
  • troubles endocrinologiques : lors d’une prise prolongée de corticoïdes, les glandes surrénales se mettent au repos. Le danger est qu’à l’arrêt du traitement, ces glandes demeurent « endormies ». On parle d’insuffisance surrénalienne. C’est pourquoi, lors de traitements longs, la diminution de doses de corticoïdes est très progressive, laissant le temps aux surrénales de se remettre en marche en sécrétant des hormones.
  • troubles hydro-électrolytiques : le taux de potassium dans le sang aurait tendance à être abaissé par les anti-inflammatoires stéroïdiens. En revanche, le taux de sodium (sel) ne varierait pas.
Bon à savoir

Les corticoïdes inhalés, induisent fréquemment des effets secondaires localement : mycoses buccales, modification de la voix, etc. Il faut bien se rincer la bouche après leur utilisation.

Comment limiter les effets secondaires d’un traitement aux corticostéroïdes ?

Vous suivez un traitement aux corticoïdes et subissez l’un des effets secondaires présentés ci-dessus ? Au lieu de penser à un arrêt du traitement ou à la réduction des doses, vous pouvez adopter quelques astuces qui vous aideront à réduire ces effets indésirables.

Tout d’abord, testez les faux sels. Avec les corticoïdes, vos cellules retiennent davantage l’eau. Le sel amplifie ce phénomène. Pour réduire la rétention d’eau, veillez à ne pas dépassez pas une dose de 2 g de sel par jour. Vous pouvez utiliser les faux sels à base de chlorures de magnésium ou de potassium pour assaisonner vos repas.

Pendant votre traitement corticoïde, évitez les plats industriels, les biscuits, apéritifs, chips, charcuteries et poissons fumés. Ces produits, même les versions allégées, sont trop riches en sel. Privilégiez le pain sans sel et achetez vos biscottes, tartines et pains de mie au rayon diététique.

Ensuite, augmentez vos apports alimentaires en potassium pour compenser la perte de potassium provoquée par les anti-inflammatoires stéroïdiens. Consommez donc plus de fruits ou de légumes riches en potassium pendant votre traitement.

La posologie indiquée par votre médecin traitant peut induire une réduction de vos tissus musculaires. Pour ce faire, mangez de la viande, du poisson et des œufs en quantité suffisante, midi et soir. Respectez le ratio de 1g par kilo. Ainsi, si vous pesez 60 kilos, vous devez consommer 60 g de protéines par jour.

Il en est de même pour les produits laitiers, car ce type de traitement peut altérer vos os. Privilégiez donc les laitages riches en calcium tels que le fromage blanc enrichi en vitamine D, le yaourt ou les petits-suisses.

Contre-indications à la corticothérapie

Prendre un traitement à base de corticoïdes sur la durée présente des contre-indications. Tout d’abord, les enfants et les femmes qui allaitent doivent prendre l’avis d’un médecin. Néanmoins, la grossesse, l’allaitement et la consommation d’alcool ne sont pas des contre-indications à ce type de médicaments.

Pour éviter des effets indésirables, il est déconseillé de prendre un corticoïde après une vaccination récente ou en cas d’hypersensibilité à l’un des composants du médicament. À titre d’exemple, si vous êtes sensible à l’aspartam, vous ne pouvez pas prendre de comprimés orodispersibles de Solupred.

Des effets indésirables peuvent aussi apparaître si vous souffrez d’infections évolutives à répétition. Vous devez d’abord finir les soins en cours avant de prendre de la cortisone.

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