Inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine (ISRS)

Sommaire

Les inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine (notés ISRS) constituent une catégorie récente de médicaments antidépresseurs dont l’action vise un neurotransmetteur, la sérotonine. Ils ont démontré une grande efficacité dans le traitement de la dépression, avec moins de contre-indications, d’effets indésirables que les autres catégories d’antidépresseurs disponibles. Néanmoins, leur prescription requiert quelques précautions d’emploi.

Que sont les inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine ?

Pour traiter la dépression, plusieurs catégories de médicaments antidépresseurs sont disponibles :

  • les antidépresseurs imipraminiques ou tricycliques ;
  • les IMAO (inhibiteurs de monoamine-oxydase) ;
  • les antidépresseurs atypiques ;
  • les inhibiteurs de la recapture de la sérotonine et de la noradrénaline ;
  • les inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine (ISRS).

Les inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine regroupent actuellement plusieurs médicaments antidépresseurs : le citalopram, l’escitalopram, la fluoxétine, la fluvoxamine, la paroxétine, la sertraline.

Toutefois, la plupart des antidépresseurs sont inefficaces chez les adolescents (la fluoxétine étant reconnue comme le plus efficace). La prise en charge de la dépression de l’enfant et de l’adolescent doit donc être essentiellement psychothérapeutique. De plus, si l'on en croit une étude brésilienne, les adolescents souffrant de dépression peuvent être classés selon des profils symptomatiques permettant de les orienter vers des traitements plus personnalisés. Ainsi, certains se montreront plus réactifs à un traitement par fluoxétine seule ou associée à une thérapie cognitive et comportementale (TCC), tandis que les autres bénéficieront davantage d'une approche psychothérapeutique.

Indications thérapeutiques et mode d’action des ISRS

Les inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine ont été développés récemment pour améliorer la prise en charge des troubles dépressifs et sont devenus en quelques années les antidépresseurs les plus prescrits en France.

Ils présentent plusieurs caractéristiques intéressantes par rapport aux autres antidépresseurs : une bonne efficacité, un nombre de contre-indications limité, des effets indésirables réduits.

Les ISRS agissent spécifiquement sur un neurotransmetteur cérébral, la sérotonine, qui est directement impliquée dans les processus pathologiques de la dépression. Les ISRS augmentent la concentration de la sérotonine dans les neurones en inhibant leur transport.

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En dehors de leur indication dans le traitement de la dépression, les ISRS peuvent également être prescrits dans d’autres contextes :

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Effets secondaires des ISRS

Les effets indésirables des ISRS sont peu importants par rapport aux autres antidépresseurs et variables selon les ISRS :

  • des troubles digestifs (nausées, vomissements, diarrhée ou constipation) ;
  • des troubles sexuels (modification de la libido – éjaculations ou orgasmes retardés chez les hommes et les femmes – troubles de l’érection) ;
  • l’apparition d’un syndrome sérotoninergique en cas de surdosage ou d’association avec d’autres médicaments (majoration de l’ensemble des effets indésirables imposant un arrêt immédiat du traitement) ;
  • des troubles du sommeil (somnolence ou insomnie) ;
  • un syndrome extrapyramidal ;
  • une éruption cutanée ;
  • une nervosité, une agitation, des vertiges, des maux de tête, une fatigue ;
  • des troubles de l’alimentation (anorexie) ;
  • des sueurs souvent nocturnes ;
  • une perturbation des analyses sanguines (enzymes hépatiques, globules blancs, ionogramme).

À noter que le citalopram (Seropram® ou autre) et l’escitalopram (Seroplex® ou autre) exposent également à un surcroît d’allongements de l’intervalle QT de l’électrocardiogramme et à des torsades de pointes par rapport à d’autres antidépresseurs IRS, ainsi qu’à des surdoses aux conséquences plus graves.

Contre-indications et précautions d’emploi des ISRS

Les contre-indications aux ISRS sont limitées et évaluées par le médecin avant la prescription du premier traitement (enfants de moins de 15 ans, femmes enceintes ou allaitantes, prise d’autres antidépresseurs, épilepsie).

La mise en place du traitement par un ISRS nécessite une surveillance médicale rapprochée au cours des premières semaines. En effet, il existe un risque d’idées suicidaires durant le premier mois de traitement.

De même l’évolution des troubles dépressifs doit être évaluée régulièrement par le médecin tout au long du traitement.

Bon à savoir : lors de l’arrêt du traitement, une réduction progressive de la posologie doit être effectuée en accord et selon les instructions du médecin pour prévenir tout syndrome de sevrage (majoration des troubles dépressifs consécutive à un état de manque).

Par ailleurs, les ISRS peuvent devenir dangereux en période de canicule, car ils peuvent empêcher la perte calorique au niveau central et entraîner une augmentation anormale de la température corporelle.

De récentes études ont suggéré des répercussions sur l’enfant lors de la prise d’ISRS au cours de la grossesse. Ces études montrent des résultats contradictoires, mais certaines d’entre elles relient la prise d’ISRS par la femme enceinte avec des troubles du développement cérébral et des troubles du spectre de l’autisme chez l’enfant. D'autres suggèrent que les ISRS peuvent favoriser les risques de malformations cardiaques, de pathologies périnatales et de troubles du développement. Enfin, des travaux estiment que ces médicaments antidépresseurs sont susceptibles de perturber le développement du cerveau fœtal et ils font craindre une moins bonne réussite scolaire des enfants exposés in utero.

Dans l’attente d’études plus poussées, les autorités de santé recommandent aux médecins de prescrire ces médicaments avec précaution chez les femmes enceintes. Les femmes déjà sous traitement au moment de la découverte d’une grossesse ne doivent pas interrompre d’elles-mêmes leur traitement, mais consulter rapidement leur médecin pour qu’il évalue la nécessité de poursuivre ou d’arrêter le traitement.

À noter : suite aux dispositions du décret n° 2017-550 du 14 avril 2017, des pictogrammes « femmes enceintes » sont apposés sur les boîtes de médicaments à risque fœtotoxique ou tératogène depuis le 17 octobre 2017. Le pictogramme avec un cercle rouge barré et une silhouette de femme enceinte à l'intérieur correspond à une interdiction totale d'utiliser le médicament pendant tout ou partie de la grossesse. Le pictogramme avec un triangle rouge et une silhouette de femme enceinte recommande de ne pas utiliser le médicament pendant la grossesse, sauf en l'absence d'alternative thérapeutique.

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