Paracétamol

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Le paracétamol ou acétaminophène est une molécule chimique (para-acétyl-amino-phénol) utilisée comme principe actif médicamenteux pour traiter la fièvre et la douleur.

Depuis la découverte en 1889 des effets pharmacologiques du paracétamol, de nombreuses études ont démontré sa bonne tolérance et sa relative innocuité avant son autorisation de mise sur le marché en 1955.

Il est aujourd'hui le médicament le plus utilisé en France (sa consommation a augmenté de 53 % en 10 ans). Seul ou associé à d'autres substances actives, il entre dans la composition de près de 200 médicaments.

Le point dans notre article.

Principe actif et mode d'action du paracétamol

Le médicament paracétamol est employé pour ses propriétés :

  • antalgique : il réduit les douleurs d'intensité légères à modérées et prévient certaines douleurs chroniques comme l'arthrose ;
  • antipyrétique : il fait baisser la fièvre.

Bon à savoir : le paracétamol n'a pas d'effet anti-inflammatoire et il est bien toléré par la plupart des organismes. Il peut être employé chez les enfants, les femmes enceintes ou qui allaitent, et en cas d'ulcère digestif (contrairement à l'aspirine et aux anti-inflammatoires).

Son mode d'action n'est pas entièrement connu. On sait qu'il a principalement une action centrale au niveau du cerveau et en particulier sur le centre de la thermogénèse (zone du cerveau qui régule la température corporelle). 

Depuis 2005, des chercheurs ont mis en évidence l'action du para-aminophénol, un métabolite (composé dérivé de la transformation au niveau du foie) du paracétamol. Ce métabolite, en se combinant avec un acide dans le cerveau, va agir sur des récepteurs à la surface des neurones impliqués dans la modulation de la douleur. 

Après ingestion par voie orale, le paracétamol est rapidement efficace, il agit en 30 à 60 minutes (comprimé, gélule, poudre), ou même 15 minutes sous forme de comprimé effervescent. Sa durée d'action est de 4 à 6 heures.

À noter : le délai d'efficacité est plus long pour les suppositoires, s'élevant à 2 ou 3 heures.

Paracétamol : formes et dosage

Le paracétamol existe sous différentes formes galéniques : comprimés effervescents ou secs, lyophilisats oraux, gélules, sachets, solutions buvables, suppositoires ou solutions injectables.

Les dosages sont adaptés aux posologies usuelles recommandées : de 30 à 500 mg pour l'enfant et de 500 mg à 1 g pour l'adulte. 

Bon à savoir : les solutions buvables à 3 %, destinées aux enfants, possèdent une pipette graduée en kilogrammes, permettant de prélever la quantité nécessaire pour une prise en fonction du poids corporel.

Les posologies du paracétamol sont précises et il est indispensable de les respecter :

  • Chez l'adulte et l'enfant de plus de 50 kg : 500 mg à 1 g par prise, les prises répétées doivent être espacées de 4 heures minimum et la dose maximale est de 1 g 4 fois par jour.
  • Chez l'enfant de moins de 50 kg : 10 à 15 mg/kg par prise à renouveler si besoin, sans dépasser la dose quotidienne recommandée qui est de 60 mg (dose maximale 80 mg) par kilogramme de poids corporel et par jour, répartie en 4 prises espacées de 6 heures (soit 15 mg/kg et par prise) ou en 6 prises espacées de 4 heures minimum (soit 10 mg/kg et par prise).

Dans tous les cas, il faut faire en sorte de pendre la dose la plus faible, le moins longtemps possible. Il est par ailleurs indispensable de bien respecter la dose maximale par prise, la dose maximale quotidienne, l'intervalle minimum entre les prises et la durée maximale de traitement recommandée (3 jours en cas de fièvre, 5 jours en cas de douleur, en l'absence d'ordonnance).

Spécialités commercialisées du paracétamol

De nombreuses spécialités, contenant du paracétamol seul, sont commercialisées dans les pharmacies : Doliprane, Efferalgan, Dafalgan, Claradol, Dolko, Geluprane, Paralyoc, Paratabs, Algodol...

Ces médicaments peuvent être vendus sans ordonnance pour des prix modiques. Sur prescription médicale, les spécialités prises en charge par la Sécurité sociale sont remboursées.

À noter : depuis le 15 janvier 2020, les médicaments contenant du paracétamol et certains anti-inflammatoires non stéroïdiens (ibuprofène et aspirine), bien que toujours disponibles sans ordonnance, ne peuvent plus être présentés en libre accès dans les pharmacies (décision de l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé du 17 décembre 2019 modifiant la liste mentionnée à l’article R. 5121-202 du Code de la santé publique).

Le paracétamol entre aussi dans la composition de plusieurs autres spécialités en association avec différents principes actifs :

  • associé à des antihistaminiques et/ou des vasoconstricteurs : (Actifed Rhume®, Fervex®, Dolirhume®, Humex Rhume®...*) pour soigner les rhinopharyngites ou les états grippaux ;
  • associé à d'autres antalgiques comme l'acide acétylsalicylique (Novacetol®), la codéine (Codoliprane®, Dafalgan® Codéine, Compralgyl, Klipal®...), l'opium et la caféine (Lamaline®), le tramadol (Ixprim®, Zaldiar® et les génériques Tramadol/Paracétamol) pour traiter les douleurs.

*Depuis le 22 octobre 2023, l’Agence Nationale de Sécurité du Médicament et des produits de santé (ANSM) déconseille fermement l’usage de ces médicaments en raison des risques indésirables rares, mais potentiellement graves, d’infarctus du myocarde et d’accidents vasculaires cérébraux.

À noter : une attention particulière des posologies est recommandée en cas d'association de plusieurs médicaments contenant du paracétamol, pour éviter le surdosage. Par ailleurs, l’ANSM annonce ramener à trois mois la durée maximale de prescription des antalgiques contenant du tramadol à compter du 15 avril 2020 car il doit être prescrit « pendant la durée la plus courte possible » et « pour éviter un syndrome de sevrage, la posologie doit être diminuée progressivement avant l’arrêt du traitement ».

Bon à savoir : suite à l'arrêté du 12 juillet 2017, les médicaments contenant de la codéine, du dextrométhorphane (un analgésique opiacé), de l'éthylmorphine ou de la noscapine sont désormais uniquement délivrés sur ordonnance.

Paracétamol : contre-indications et effets indésirables 

Le paracétamol est contre-indiqué en cas d'hypersensibilité ou d'insuffisance hépatocellulaire sévère. Il doit être employé avec précaution et adapté aux posologies dans certaines circonstances pour éviter tout danger lié à la prise de paracétamol :

Des interactions possibles avec la prise de paracétamol sont à connaître :

  • L'effet des anticoagulants peut être augmenté en cas de prise de 4 g de paracétamol par jour pendant plus de 4 jours (risque d'hémorragie). 
  • Les dosages de la glycémie (glucose sanguin) et de l'acide urique sanguin peuvent être faussés.

Le paracétamol peut produire, chez quelques personnes, des réactions d'hypersensibilité (érythème, urticaire, rash cutané, œdème de Quincke, choc anaphylactique) et dans de très rares cas, une thrombopénie (baisse des plaquettes), leucopénie (baisse des globules blancs) et neutropénie (baisse des granulocytes neutrophiles).

Le surdosage en paracétamol, dose excessive ou dose maximale sur une longue durée, peut provoquer des hépatites graves et une destruction des cellules du foie (cytolyse hépatique). En effet, l’intoxication au paracétamol constitue la première cause de greffe hépatique d’origine médicamenteuse en France. Il est donc important de respecter les posologies et les espacements des prises recommandés.

Chez les femmes enceintes, c'est un des rares traitements à être autorisé mais à « la dose la plus faible possible pour la durée la plus courte possible ». En effet, les agences sanitaires, dont la Food and Drug Adminisration (FDA) et l'Agence européenne du médicament (EMA), soulignent que « de plus en plus de recherches épidémiologiques et expérimentales suggèrent que l'exposition prénatale au paracétamol pourrait altérer le développement fœtal », ce qui pourrait se traduire par des troubles neurodéveloppementaux, reproductifs et urogénitaux. De plus, chez les femmes ayant consommé du paracétamol pendant six ans et plus, une perte d'audition de 10 % a été constatée.

Le centre de référence des agents tératogènes appelle donc les femmes enceintes à la vigilance et à demander conseil à un professionnel de santé (médecin, pharmacien) pour le bien-fondé de la prise, surtout « pour une durée prolongée ».

Ces pros peuvent vous aider