Les sédatifs sont une catégorie de médicaments qui calment l’anxiété ou la tension nerveuse et qui favorisent l’endormissement.
L’effet sédatif peut être plus ou moins intense selon le médicament employé et la dose administrée. Certains sédatifs sont inoffensifs et d’autres peuvent avoir des effets indésirables importants.
Toutes les infos sur les différents médicaments sédatifs, leurs effets et leurs précautions d’emploi dans notre article.
Sédatifs : les effets recherchés
Les sédatifs sont employés en médecine pour leur effet anxiolytique qui calme la nervosité, le stress, l’agitation, l’anxiété ou l’angoisse. Ils peuvent aussi diminuer les contractions musculaires douloureuses (effet myorelaxant) et favoriser ou améliorer le sommeil (effet hypnotique).
L’action sédative s’intensifie avec l’augmentation de la dose administrée. Dans les cas nécessitant une sédation importante, certains sédatifs peuvent diminuer la conscience et la vigilance jusqu’au coma.
On peut les utiliser dans différentes circonstances allant du simple besoin d’apaiser à l’anesthésie générale.
Différents médicaments sédatifs et leur mode d’action
Il existe toute une gamme de médicaments possédant un effet sédatif. Selon les cas, on peut utiliser un sédatif d’intensité légère ou forte.
Sédatifs d’intensité légère
Les médicaments sédatifs légers sont en vente libre (sans prescription médicale). On les trouve principalement dans des spécialités pharmaceutiques à base :
- de plantes (valériane, aubépine, passiflore, escholtzia…), utilisées en phytothérapie ou en homéopathie ;
- d’oligoéléments (magnésium, lithium) ;
- de mélatonine (hormone du sommeil) ;
- de certains antihistaminiques sédatifs comme la doxylamine (Donormyl®) ou la prométhazine (Phénergan®).
Les médicaments sédatifs légers ont peu d’effets secondaires et peuvent être consommés en automédication, en respectant les indications et les posologies recommandées. Toutefois, la prométhazine injectable utilisée dans l’urticaire sévère exposerait à des thromboses, des nécroses cutanées et des gangrènes après extravasation (fuite du médicament dans les tissus) ou injection accidentelle par voie intra-artérielle.
Sédatifs d’intensité forte
Les médicaments sédatifs puissants sont des médicaments psychotropes qui ont une action sur le cerveau en inhibant la transmission de l’influx nerveux. Ils nécessitent une prescription et une surveillance médicale en raison des effets indésirables associés à la sédation.
Les sédatifs psychotropes appartiennent à différents groupes de médicaments. Parmi les plus utilisés on peut citer :
- les anxiolytiques ou tranquillisants qui diminuent l’anxiété et ses symptômes ;
- les hypnotiques ou somnifères qui facilitent l’endormissement ou favorisent la qualité du sommeil ;
- certains antidépresseurs qui agissent sur les symptômes associés à la dépression comme l’anxiété et les troubles du sommeil ;
- certains neuroleptiques qui calment les agitations ;
- les analgésiques opiacés (morphine et ses dérivés) qui endorment ;
- les anesthésiques généraux (ou narcotiques) qui diminuent la conscience.
Il existe également des sédatifs d’action légère à modérée à l’image de la dexmédétomidine. Elle est utilisée chez des adultes en unité de soins intensifs (chez les patients ventilés) et ses principaux effets sont un effet sédatif sans effet dépresseur respiratoire, ainsi qu’un effet antalgique équivalent au propofol et au midazolam ou lorazepam (des narcotiques).
Le CHMP (Comité des médicaments à usage humain de l’Agence européenne des médicaments) a approuvé l’autorisation de mise sur le marché du médicament générique Dexmédétomidine.
On peut par ailleurs la combiner à des anesthésiques locaux en l’injectant par voie intrathécale (injection dans l’espace liquidien qui entoure la moelle épinière) pour prolonger de façon significative la durée de l’analgésie postopératoire avec une réduction de la douleur à 24 heures et une réduction des frissonnements tout en limitant la toxicité et les effets indésirables des anesthésiques locaux (instabilité cardiorespiratoire, par exemple).
Précautions d’emploi des sédatifs
Les sédatifs psychotropes peuvent avoir des effets secondaires conséquents comme la perturbation de la conscience, la diminution de la vigilance, une dépression respiratoire et des troubles cardiaques.
De plus, leur usage prolongé peut provoquer une accoutumance, une dépendance et un syndrome de sevrage à l’arrêt du traitement.
En raison de ces effets indésirables, les sédatifs doivent être employés à la dose utile la plus faible possible et la durée du traitement doit être limitée.
En cas de besoin d’un traitement sédatif de longue durée, un suivi médical soutenu est nécessaire pour contrôler sa bonne tolérance et prévenir les risques d’effets néfastes. À titre d’exemple, citons le midazolam, une benzodiazépine qu’un arrêté publié au « Journal officiel » le 17 décembre 2021 rend accessible en ville. Utilisé pour la sédation proportionnée et la sédation profonde et maintenue jusqu’au décès (SPCMD), son utilisation doit être précédée d’une procédure collégiale. Un médecin doit être présent lors de la titration et joignable à toute heure. Le personnel doit être formé, une équipe ou un réseau de soins palliatifs doivent être associés, ne serait-ce que par téléphone, et un lit de repli doit être disponible.
Le sédatif qui diminue les réflexes demande une précaution d’emploi particulière pour la conduite automobile ou l’utilisation de machines et contre-indique son association avec l’alcool ou avec d’autres drogues sédatives.