Morphine

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Pour obtenir un soulagement rapide et durable de douleurs chroniques ou aiguës qui résistent aux autres traitements antalgiques, la morphine est une option thérapeutique de choix. Faisons le point sur cette substance issue du monde végétal.

Morphine : un puissant antidouleur

La morphine est une substance naturelle, un alcaloïde produit par le pavot somnifère (Papaver somniferum). Elle est utilisée pour ses propriétés analgésiques, c'est-à-dire qu'elle combat la douleur. Elle est classée parmi les antalgiques de palier III par l'OMS, utilisés pour traiter les douleurs intenses, par exemple en cas :

  • de douleurs osseuses chroniques,
  • de cancer,
  • de fractures,
  • d'opération chirurgicale,
  • de calculs rénaux, mais en seconde intention, en cas d'échec des anti-inflammatoires non stéroïdiens, car elle peut compliquer leur évacuation par les voies naturelles.

Voies d'administration de la morphine

La morphine est disponible sous différentes formes :

  • Destinées à une prise orale : sirop, comprimés, gélules, ampoules, etc.
  • Injectables, en sous-cutané ou par intraveineuse : cette option est réservée aux douleurs les plus intenses ou aux patients qui ne peuvent avaler ou conserver un médicament (vomissements, coma, etc.).

La morphine est efficace rapidement, en une demi-heure. Il existe néanmoins des formes « retard », qui n'agissent qu'une heure trente après leur administration et dont l'effet se fait ressentir sur un plus long terme. Des doses « secours », à action rapide, sont alors administrées en début de traitement.

Bon à savoir : la morphine est considérée comme un stupéfiant. Elle est donc soumise à des règles strictes de prescription : une ordonnance sécurisée, non renouvelable et un traitement de 7 à 28 jours maximal suivant les formes galéniques.

Dérivés morphiniques

D'autres opiacés sont utilisés pour soulager la douleur :

  • la codéine,
  • l'oxycodone,
  • l’hydromorphone,
  • le fentanyl, sous forme de patchs transdermiques.

Pour améliorer l'efficacité des traitements et limiter l'impact de leurs effets secondaires, un patient se voit généralement prescrire des morphiniques de différente nature successivement : cette pratique est appelée "rotation des opioïdes".

À noter : suite à l'arrêté du 12 juillet 2017, les médicaments contenant de la codéine, du dextrométhorphane, de l'éthylmorphine ou de la noscapine sont désormais uniquement délivrés sur ordonnance. Par ailleurs, sur décision de l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé, la durée maximale de prescription des antalgiques à base de tramadol passe de 12 à trois mois à compter du 15 avril 2020.

Effets secondaires de la morphine

La prise de morphine peut s'accompagner d'effets indésirables :

  • Des troubles digestifs : des nausées et/ou vomissements dans les premiers jours de traitements, enrayés à l'aide de médicaments anti-émétiques ; dans la presque totalité des cas, le patient souffre de constipation, rendant la prescription de laxatif incontournable.
  • Une sécheresse de la bouche.
  • Des manifestations cutanées, des démangeaisons.
  • Une somnolence qui disparaît en général au bout de quelques jours, mais qui peut également traduire un surdosage ; il faut être particulièrement prudent en cas de conduite d'un véhicule.
  • Une confusion mentale, voire des hallucinations ou des cauchemars.
  • Une rétention d'urine, etc.

La morphine ne doit pas être prise en cas d'insuffisance respiratoire ou hépatique, ni pendant la grossesse et l'allaitement.

À noter : la morphine est associée à un risque de dépendance psychologique et physique. Le patient peut également devenir tolérant au médicament, et être dans l'obligation d'augmenter les doses prises pour soulager sa douleur avec un risque de décès par arrêt respiratoire, comme le rappelle la Haute Autorité de santé (HAS) dans ses recommandations pour éviter la banalisation des opioïdes (avril 2022).

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