Anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS)

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Maux de dos, maux de tête, maux de ventre : on est souvent perdus entre les différents médicaments qui s’offrent à nous afin de limiter la douleur. Les anti-inflammatoires non-stéroïdiens ou AINS peuvent être utiles dans certains cas, encore faut-il savoir quand et à quelle dose les prendre.

Faisons le point sur ces anti-douleurs pas comme les autres.

AINS : qu'est-ce que c'est ?

Les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) représentent la classe thérapeutique la plus prescrite au monde. Parmi les plus connus des AINS, on trouve l'aspirine ou encore l'ibuprofène.

Les AINS sont des médicaments qui soulagent les symptômes (tout comme le paracétamol) et qui ont une action :

  • antalgique : anti-douleur ;
  • antipyrétique : lutte contre la fièvre ;
  • anti-inflammatoire (ils se révèlent souvent plus efficaces que la morphine dans une poussée d’arthrite) ;
  • anti-agrégant plaquettaire : fluidification du sang.

Le principe des AINS est d’inhiber la sécrétion de prostaglandines, ces hormones produites par différents organes du corps humain qui sont responsables du processus inflammatoire.

Une méta-analyse a également conclu à l'effet antidépresseur des anti-inflammatoires non stéroïdiens. Selon cette étude, les agents anti-inflammatoires réduisent les symptômes dépressifs de près de moitié comparativement à un placebo.

Source : Bai S, Guo W, Feng Y, et al. Efficacy and safety of anti-inflammatory agents for the treatment of major depressive disorder : a systematic review and meta-analysis of randomised controlled trials. Journal of Neurology, Neurosurgery & Psychiatry Published Online 28 October 2019. Doi: 10.1136/jnnp-2019-320912.

Bon à savoir : on appelle ces anti-inflammatoires « non stéroïdiens » afin de les différencier des anti-inflammatoires « stéroïdiens » plus communément appelés corticoïdes.

Posologie des anti-inflammatoires non stéroïdiens

Les AINS sont généralement prescrits dans les cas suivants :

  • fièvre (en alternance avec le paracétamol) ;
  • maux de tête (à faible dose, pas plus de 400 mg/ jour) ;
  • migraine (kétoprofène) ;
  • règles douloureuses ;
  • douleur après un traumatisme (entorse, tendinite par exemple) ;
  • rhumatismes inflammatoires, arthrose, etc.

On trouve les AINS sous plusieurs formes et avec des délais d'action (demi-vies) différents, bien que 90 % de leur administration s'effectue par voie orale :

  • AINS par voie locale (pommade et gel) : habituellement proposés dans le cadre de pathologies articulaires (tendinite superficielle) et de certaines formes d’arthrose, et des pathologies douloureuses traumatiques.
  • AINS par voie intramusculaire : proposés dans certaines pathologies aiguës (lombalgie aiguë, sciatique). On privilégiera un traitement de courte durée (durée maximum 48 heures).
  • AINS par voie intraveineuse : un seul AINS est administré par IV (intraveineuse) lors de séjours hospitaliers : le kétoprofène. Il est utilisé dans les pathologies aiguës telles que les poussées de rhumatisme inflammatoire, les sciatiques hyperalgiques, les névralgies cervico-brachiales et la colique néphrétique.

Bon à savoir : la demi-vie d'une molécule correspond au temps nécessaire pour que, après l’administration d’un médicament, sa concentration dans le sang diminue de moitié. La demi-vie est exprimée en unité de temps et peut varier de quelques minutes à plusieurs semaines selon les médicaments. La fraction de médicament éliminée en fonction du temps dépend donc de sa demi-vie, et l’on considère que la quasi-totalité du médicament est éliminée au bout de 5 demi-vies.

AINS : contre-indications

Les AINS doivent être prescrits avec précaution dans les cas suivants :

  • ulcère gastroduodénal actif ;
  • antécédents d'asthme ou d'urticaire secondaires à la prise d'acide  acétylsalicylique ou d'un AINS ;
  • antécédent de saignement ou de perforation digestifs lié à la prise d’AINS ;
  • insuffisance rénale terminale ;
  • insuffisance hépatique ;
  • insuffisance cardiaque grave ;
  • hypertension artérielle non contrôlée.

Par ailleurs, des études ont mis en évidence un lien entre la consommation régulière d'ibuprofène (et de paracétamol) et le développement de problèmes auditifs, comme la surdité ou les acouphènes.

Les AINS sont à déconseiller fortement :

  • en début de grossesse : risque d’avortement spontané et suspicion d'un effet tératogène (malformation) ;
  • au troisième trimestre de la grossesse (en particulier chez une personne avec antécédent d'ulcère gastrique) : en cas de prises répétées, prolongation de la grossesse et de l'accouchement, hémorragies chez la mère, risque d'une insuffisance rénale et d'une insuffisance cardiaque chez le fœtus et chez le nouveau-né ;
  • chez les diabétiques de type 2 dont le diabète n'est pas correctement contrôlé, car ils augmenteraient le risque d'insuffisance cardiaque.

Important : il est déconseillé d’utiliser les AINS en première intention pour faire baisser la fièvre dans le cadre des infections virales aiguës. En effet, utilisés de la sorte, ils favorisent l’apparition de complications des infections qu’ils sont censés combattre. C’est notamment le cas avec la pleurésie purulente qui, lorsqu’elle est traitée par AINS, favorise la survenue d’empyème (infection de la cavité pleurale qui nécessite un traitement chirurgical).

Précautions avec les anti-inflammatoires non stéroïdiens

Afin de limiter l’apparition des effets indésirables, notamment digestifs, les AINS doivent être utilisés en respectant strictement la posologie et pendant la durée la plus courte possible.

Chez les personnes de plus de 65 ans, les effets indésirables des AINS sont plus fréquents et souvent plus graves. Ils ne doivent pas être utilisé chez un nourrisson sans avis médical.

Si vos douleurs ne sont pas trop intenses ou supportables, préférez un AINS à courte demi-vie (ibuprofène) ou bien du paracétamol.

À noter : depuis le 15 janvier 2020, les médicaments contenant du paracétamol et certains anti-inflammatoires non stéroïdiens (ibuprofène et aspirine), bien que toujours disponibles sans ordonnance, ne peuvent plus être présentés en libre accès dans les pharmacies (décision de l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé du 17 décembre 2019 modifiant la liste mentionnée à l’article R. 5121-202 du Code de la santé publique).

Attention, en période de forte chaleur, les anti-inflammatoires (notamment l’aspirine à une dose supérieure à 500 mg/j) peuvent gêner le fonctionnement normal des reins en cas de déshydratation. Une surveillance étroite de la part des patients est donc indispensable en cas de canicule.

Bon à savoir : dans le mois qui suit la mise en place du traitement, le diclofénac, un AINS couramment utilisé, augmenterait considérablement le taux d’incidence des événements cardiovasculaires indésirables majeurs : flutter atrial et fibrillation auriculaire (+20 %), AVC (+60 %), insuffisance cardiaque (+70 %), infarctus (+90 %) et décès d'origine cardiovasculaire (+70 %) par rapport au paracétamol, à l’ibuprofène ou au naproxène.

Besoin d'approfondir ?

  • Plus d'infos sur les anti-inflammatoires sur notre page dédiée.
  • Pendant la grossesse, un certain nombre de médicaments sont à éviter, voire interdits. Le point dans notre article.

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